Les seigneurs de Brancion
La mention la plus ancienne du château remonte au X° siècle et, jusqu’à la fin du Moyen Age plusieurs lignages se sont succédés à Brancion marquant le site de leur empreinte.
Un château dont l’existence est attestée dès le X° siècle…
En 944, à l'occasion de la donation d'une vigne à l'abbaye de Cluny, fondée en 910, apparaît pour la première fois la mention d’un “castrum brancudunum”. Dominant les pentes escarpées du relief, cette fortification a pour premier seigneur connu, un nommé Garoux.
Au cours du XIe siècle, la forteresse passe par mariage à la famille Neublans, dont le dernier représentant, Hugues l'Abandonné, disparaît en 1100, au cours de la première croisade. Le domaine échoit à l'un de ses plus proches parents, Bernard Gros, déjà maître de la forteresse d'Uxelles, qu'il a fait édifier en 1050, et qui a aujourd'hui complètement disparu.
La puissance stratégique naissante de Brancion, et l'étendue de leurs propriétés foncières, permettent aux Gros de s'assurer de la maîtrise d'un certain nombre de passages et notamment, avec Brancion, de celui de Tournus à Cluny. Ces passages seront à l'origine de nombreux conflits entre les châtelains et les moines, dont les exemptions de péages ne seront pas toujours respectées.
… et dont les seigneurs ont parfois eu des relations houleuses avec Cluny
La cohabitation entre ces seigneurs laïcs et les clunisiens ne fut pas aisée, même si la rivalité n’était pas permanente. Ainsi donations et conflits alternent-ils sous Bernard Gros d’Uxelles. Finalement, frappé d’anathème, il doit se rendre à Rome pour racheter ses fautes et obtenir le pardon du pape. Il trouve la mort durant son voyage de retour en 1070.
Ses successeurs commettent à leur tour de telles exactions que deux interventions royales sont nécessaires en 1172 et 1180 pour rappeler les seigneurs de Brancion à la raison.
Cette cohabitation troublée, très fréquente à cette époque, se poursuit jusqu’au milieu du XIII° siècle époque
à laquelle les sires de Brancion se retrouvent ruinés, notamment par la septième croisade qui imposa à Josserand le Grand, nouveau seigneur de Brancion, des dépenses très élevées.
Compagnon de saint Louis, il meurt en 1250 à la bataille de La Mansourah, en Egypte (son gisant se trouve dans l’église de Brancion).
Après sa mort, son fils Henri, engage ses terres puis les vend petit à petit à Hugues IV, Duc de Bourgogne. Brancion lui est finalement cédé en août 1259 pour la somme de 9000 livres.
La fin d’un château indépendant après trois siècles de prospérité…
Entre la fin du XIII° et le XV° siècle les ducs commandèrent de nombreux travaux de renforcement et de confort, en construisant notamment le remarquable logis de Beaujeu.
En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne et Grand Duc d’Occident, la majeure partie du duché de Bourgogne réintègre le domaine de la couronne. Brancion devient châtellenie royale.
Le roi Louis XI donne peu après les terres et la seigneurie de Brancion à Messire Philibert de la Baume. Elles passent ensuite successivement à d’autres seigneurs puis à des fermiers et, à partir de 1548, à des seigneurs engagistes auxquels le roi confie la mission d’entretenir et de faire prospérer des domaines en contrepartie d’un prêt au trésor royal. Ce sont à ces seigneurs qu’incombent les travaux d’entretien et de réparation des bâtiments (le système des seigneurs engagistes se perpétuera jusqu’en 1789).
En 1592 (lors des guerres de religion), les troupes protestantes du comte Alphonse d’Ornano s’emparent du bourg mais sans réussir à pénétrer dans le château. Elles réitèrent deux ans plus tard, à cause de l’engagement dans la Ligue de Jean de Saulx-Tavannes seigneur engagiste de Brancion. Le château tombe, pour la première fois de son histoire en 1594.
A la Révolution, la terre de Brancion perd son titre de châtellenie royale et le château vendu comme Bien national le 11 septembre 1793 au sieur Forest. La fille de ce dernier en hérite en 1829 et le vend le 5 décembre 1844 au commandant de la Roque de Chanfray qui le vend à son tour le 5 décembre 1860 au comte Victor de Murard de Saint-Romain.
Le château est toujours propriété de ses descendants.